Des jeunes chercheurs décidément maltraités

Récemment, j’ai eu l’occasion de faire un reportage auprès d’une équipe de recherche travaillant sur une maladie grave et expérimentant une thérapie génique. (Je n’en dis pas plus : même dans le conseil en communication, je considère que le secret des sources est de mise !) La recherche est décidément extrêmement maltraitée dans notre pays : permettez-moi de rajouter ma voix au concert de tous ceux qui le disent – et ne sont pas écoutés.

De quoi parle-t-on en effet ? De chercheurs, médecins ou biologistes, bac + … , passionnés, passionnants et incroyablement malmenés.

Travaillant à cinq dans un bureau de 12m2.

Payés, après leur thèse et durant plusieurs années, par chèque ! Plus précisément, sans fiche de paye. Donc, sans couverture sociale.

Contraints, d’année en année, de chercher les généreux donateurs privés (heureusement il y en a) qui vont accepter de payer quelques mois – une année ou deux dans le meilleur des cas – de leurs études de recherche. Avec des dossiers à remplir, la crainte de ne pas être retenus et au bout de six mois, la nécessité de recommencer pour l’année suivante.

Mieux que cela (je devrais dire “pire”) : obligés de trouver les organismes (INSERM, CNRS, universités, CHR…) qui vont recevoir ces bourses privées.

Enfin, sommés d’en changer tous les deux ans environ, de peur que ceux-ci ne soient obligés de les engager en CDI. Autrement dit : forcés à organiser eux-mêmes la précarité dans laquelle on les enferme.

Tous ceux qui disent vouloir bâtir le redressement de l’économie de la France sur la recherche – entre autres leviers – seraient bien inspirés de mettre au point des remèdes pour résoudre ces situations. Des centaines de jeunes chercheurs vivent – mal – ces situations de façon quotidienne. C’est absolument indigne d’un pays comme le nôtre.

 

Mireille Alphonse