Disparue des radars, l’écologie ?

Selon le bon mot lancé il y a quelques semaines par un grand quotidien, repris depuis à longueur d’ondes radio et d’antennes TV, « en temps de crise, l’écologie est sortie des radars ». Permettez-moi, à une semaine du premier tour des élections présidentielles, de livrer quelques réflexions de responsable de “très petite entreprise”. Des pensées fondées sur ce que je vis et vois au gré de mon travail.

Des chiffres. Selon les statistiques du Commissariat général du développement durable (qui dépend du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement), les secteurs liés à l’environnement ont créé + 4,5 % d’emplois entre 2009 et 2010. Alors que dans le même temps, l’économie française dans son ensemble en perdait 0,2 %. Parmi les filières les plus dynamiques : la gestion des déchets, le traitement des eaux usées, les énergies renouvelables et le recyclage.

De nouvelles pratiques. Mise en valeur de leurs engagements en faveur de l’environnement, développement d’offres s’inscrivant dans l’économie de la fonctionnalité (et non plus uniquement dans celle de la production/consommation), construction de nouvelles solidarités (développement de structures mi-associatives, mi-entrepreneuriales, coworking, travail en réseaux), recherche de circuits courts entre différents acteurs d’une même filière : de très nombreuses entreprises cherchent, de plus en plus, à surmonter la crise économique en s’inscrivant résolument dans des pratiques écologiques. Par convictions et par réalisme économique.

Un mode de gouvernance respectueux. « Dignes et solidaires » : cette proposition n’est pas celle d’un parti politique, mais celle du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), dans son livre blanc « Objectif OÏKOS – Pour une économie au service de la vie ». Comme les chefs d’entreprises du CJD, les responsables de PME ou d’associations engagés dans une transformation écologique de leur activité que j’ai pu observer mettent en place des modes de gouvernance respectueux de leurs salariés. Par conviction, là encore, mais aussi parce qu’ils savent que cette transformation est impossible sans l’adhésion et la participation de tous.

Génératrice d’emplois, créatrice d’innovations et permettant un renouveau de la démocratie à l’intérieur des structures, l’écologie est loin d’être disparue « des radars » de nombreux acteurs de l’économie. Bien au contraire, elle est plus que jamais présente. Il suffit de vouloir y regarder de près…

 

Mireille Alphonse